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Jérôme Santamaria, alias Dj Quan, à l'origine de deux CDs se lance dans une nouvelle aventure avec ses deux amis. Jean-Paul Garidacci, ( JP ) et Didier Lefeuvre, ( Dj E.n.d )
[culture]musique Par Gilles Millet - Photos : Jean-Noël Taddei - DR La
techno, au fond, c'est comme la cuisine. La choucroute ou le couscous.
Tu as tes produits de bases, la semoule ou le chou. Tu les prépares
à ton goût. Tu mélanges, tu malaxes. Tu ajoutes les pommes de
terre, les saucisses, les merguez, le poulet ou le bœuf. Tu mélanges
encore. Puis t' ajoutes la sauce et tu assaisonnes. A la fin tu as une
bonne ou une mauvaise choucroute. Un bon ou un mauvais couscous. Plus
ou moins goûtu. Plus ou moins épicé. Tu manges à ton rythme, à la
maison ou au resto. T' en avales les quantités que tu veux quand tu
veux. Tu gardes ou tu jettes... Dans
la musique, tu commences à
faire ta tambouille sonore avec un * Expandeur * ( boîte à son
). Tu mets dans l'ordinateur, tu travailles avec ta table de mixage,
canal par canal ( il peut y en avoir une cinquantaine mais tu n'en
utilises qu'une dizaine ou une vingtaine ) tu échantillonnes, tu
transformes et modules une partie ou le tout au clavier. Tu rajoutes
du son naturel ou instrumental si tu veux. Et tu balances le tout dans
un ordinateur ou ton morceau définitif sera enregistré sur cassette
ou gravé sur CD. CD que t'écoutes tout seul chez toi. Que tu copies
pour tes amis. Que tu commercialises tout seul de manière artisanal.
Ou que va te distribuer une maison de disques plus ou moins importante
suivant ta notoriété. Jérôme
Santamaria alias
" Dj Quan " , né en
1972 à Ajaccio, désormais citoyen de la plaine de Peri ( centre de
la Corse et du monde, rappelons-le ) est tombé dans la marmite
techno depuis longtemps. Outre ses talents de Dj qu'il a exercés dans
plusieurs boîte du sud de la Corse et en Europe. Après s' être
produit plusieurs fois dans des concerts ou des boîtes avec son
groupe " Synthologie " il travaille actuellement sur un
nouveau projet. A ses créations, il veut ajouter une mise en image de
ces morceaux qu'il présenterait ensuite sur écran géant a la faveur
de concerts Live. Et, là aussi, après sa cuisine techno, il s'est
lancé dans la cuisine vidéo en fabriquant, un peu de la même façon
des images qui, en suivant le tempo de sa musique, illustrent à leur
manière chacun des titres. Au matériel visuel disponible dans divers
logiciels qu'il travaille ensuite à sa façon, il utilise également
toute une série de séquences qui ont pu être tournées, en Corse ou
ailleurs, par lui même ou d'autres, sans oublier la récupération
d'images pouvant provenir de la télévision ou de divers DVD. Il
peaufine ce travail qui, il
l'espère, sera rendu public l'été prochain dans son petit
laboratoire musical qui, plaine de Peri, outre son appartement,
surplombe une station-service. Un univers rempli de claviers, de
tables de mixage, d'ordinateurs et d'écrans. Le tout éclairé, la
nuit, par la lumière des enseignes de la station qui perce les
interstices des stores qui isolent le studio de la route nationale.
Une ambiance de motel Américain perdu dans le désert, finalement
très propice à la création techno. Comme une rave party à domicile
dont les automobilistes en quête d'essence perçoivent les échos
saccadés.
Dj Quan dont le papa est magasinier a eu son premier clavier à 10 ans et reproduisant " à l'oreille " les morceaux qu'il entendait à la radio. Plus tard, vers 14 ans, dans les années quatre-vingt tandis qu'il commençait à écouter les " pré-techno " commerciaux tels que les buggles ou les plus avant-gardistes et passionnants Kraftwerk, sans oublier les Pink Floyd ou même Jean-Michel Jarre ( "Oxygène" ), le futur " technoïde " se met, en douce de ses parents, aux platines. Dans les années 80 alors qu'il parachève sa culture musicale avec les groupes du moment ( Cure, U2, Depeche Mode, Orchestral Manœuvre in the Dark ) il découvre les premiers morceaux vraiment techno avec Dj Pierre qui a compris avant beaucoup de monde que l'on pouvait détourner le clavier ordinateur " Roland " de sa fonction de basse électronique et en faire un instrument de base de la composition techno...
T'ajoutes la sauce et tu assaisonnes. A la fin, tu as une bonne ou une mauvaise choucroute." Mais Dj Quan doit apprendre un métier et, en continuant à jouer et à écouter de la musique, il passe un CAP de plombier au CET des Salines. Avec des profs qui croient plus en ses talents de musicien que de plombier. Après l'armée, il commence à jouer dans des soirées privées, au début des années 90 en rencontrant un passionné comme lui, Christophe Franceschi, il se lance dans la création de ses premiers morceaux. Certains passe au Paradi's le night-club proche de Propriano et, à en croire les souvenirs des amateurs, " mettent le feu ". En 1995 c'est le premier CD : " Techno is Synthologik " distribué par la maison Fa dièse Corsica. Certains morceaux passent régulièrement sur les ondes Corses et traversent même la Méditérrannée. En 1996, Dj Quan travaille les morceaux d'un album qui ne sortira pas, mais dont les titres seront joués " en Live " lors des festivals et dans les discothèques locales. Parallèlement, il poursuit sa carrière de Dj et devient en 1998 le " résident " de la boîte la Calèche. " Evuluzione ", le deuxième CD de Dj Quan, ne sortira qu'en 2003. Entre-temps, notre homme a pris " un peu de recul " en quittant les night-clubs, mais en continuant à travailler sur ses machines. " Evuluzione ", c'est la mode, mêle la techno aux polyphonies Corses. Dj Quan a été rejoint par un nouveau complice, Jean-Paul Garidacci dit " JP ", 29 ans qui, lui aussi, est un fana de musique électronique, mais apprécie également le son de Miles Davis, de Jimmy Hendrix et surtout, de Ray Manzarek, l'organiste des Doors qu'il avait, vu son âge, évidemment découvert " après coup ". Récemment les deux hommes ont été rejoints par un autre maniaque des machines, Didier Lefeuvre, 37 ans, dit Dj E.n.d, que ses voisins de Carbuccia et de Peri connaissent plutôt sous le nom de Tintin. Mais Dj Tintin c'est pas terrible comme nom. A SUIVRE... Par Gilles Millet - Photos : Jean-Noël Taddei - DR Retour en haut de
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